mardi, juin 30, 2009

DOSSIER : LA LOI HADOPI

Comme vous le découvrirez je suis toujours fourré dans les journées professionnelles, notamment celles du Transfo. Donc vu que j'étais cordialement invité par Mlle Juillard, je suis allé faire un tour à La Jetée en ce beau jeudi de juin, et attention, on allait parler de la loi HADOPI et du dilemme entre droits d'auteurs et Internet ! Vous savez cette loi qui tendait à lutter contre le téléchargement illégal ! Tout un programme... Je vous propose un petit résumé ?

PRÉSENTATION
Pour commencer, c'est quoi ces initiales ? HADOPI signifie : Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet ! Avouez que vous ne le saviez pas, n'ayez pas honte, même dans les couloirs de l'Assemblée Nationale, les députés ne le savent pas (et j'ai des preuves !) Appeler aussi loi Olivennes, du nom de l'auteur du rapport dont elle s'inspire (à l'époque patron de la FNAC...) elle avait pour objectif de permettre la création d'une autorité publique indépendante, d'instaurer des sanctions administratives, et de permettre la mise place de ces sanctions grâce à la fameuse « réponse graduée ». En gros, cette nouvelle autorité fait le lien entre les ayant droits, qui récupère les adresses IP des contrevenants, et les fournisseurs d'accès Internet qui identifie les abonnés et qui ont à charge de couper les connexions s'il y a récidive.

ORIGINES DE LA LOI
La chute des ventes du support disque est estimé à 50% en 5 ans. Pourtant, même les sociétés d'auteurs, qui soutiennent la loi, n'incriminent pas le téléchargement seul. L'explosion des nouvelles technologies et des nouveaux modes de consommation de la culture ont laissé tout le monde sur le carreau, majors en première lignes ! Le manque à gagner est tellement énorme qu'il n'est même pas réellement chiffré... Pourtant comme le rappelle Olivier Vittu, délégué régional de la SACEM, la propriété intellectuelle existe depuis longtemps, et la loi DADVSI (Droits d'Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l'Information) initiée en 2005 prévoyait déjà une réponse graduée, pour adoucir les sanctions pénales, mais elle fût également censuré par le Conseil Constitutionnel. Les mesures en cours n'ont débouché que sur très peu de condamnation, et sur des sanctions jugées trop faibles par rapport au préjudice subi. La loi HADOPI avait pour objectif d'introduire un dispositif s'ajoutant à ces sanctions pénales, tendant à l'approche pédagogique, afin de rappeler au peuple que la culture à un coût, et que la musique, ben c'est pas cadeau !

LES OBSTACLES
Selon Charles Simon, vice-président de l'ISOC France et avocat spécialiste des nouvelles technologies : « Juridiquement, la loi est morte ». Alors pourquoi ? Premièrement, une autorité administrative ne peut sanctionner directement, elle doit avoir recours à des juges, d'où la censure du Conseil Constitutionnel. Deuxièmement, l'idée de se baser sur la récupération de l'adresse IP pour identifier l'internaute est bien naïve... Les cibles prioritaires (enfin, heu... les ados) sont en effet largement assez armés pour sécuriser leurs connexions. Sans rentrer dans les détails, c'est plutôt le bon papa qui va vouloir tester qui va se faire griller. Troisièmement, Internet est reconnu comme un droit fondamental ! Ben oui, moi j'peux plus travailler sans le web, et en plus, quid de mon offre triple play ? Hein ? Mon téléphone, ma télé ? Tout passe par l'accès Internet aujourd'hui... Je résume bien sûr, mais tout cela accumulé entraine obligatoirement la censure des dernières marches de ce projet de loi. Sans parler de l'opinion publique, très défavorable à une nouvelle privation de liberté. Même la Sacem reconnaît des carences dans la loi et se demande comment on va répartir les sanctions par rapport aux différents degrés d'infractions qui seront constatés... Et puis je ne vous parle pas du coût de mise en place de cette surveillance pour les FAI, des dérives que cela pourrait entrainer (création de sociétés privées de veille) et des dénonciations impartiales que cela générerait. Souvenirs, souvenirs...

OÙ EN SOMMES NOUS ?
Aujourd'hui, 30 juin 2009, la loi est au plus mal... Sa principale avocate, Christine Albanel, vient d'être remerciée de son poste de Ministre de la Culture, et son successeur, Frédéric Mitterrand n'a pas l'air franchement emballé par le débat, du moins aux vues de ses premières déclarations. Un texte complémentaire a été présenté le 24 juin 2009 au Conseil des Ministres, et sera voté par le Conseil Constitutionnel lors d'une assemblée exceptionnelle qui se tiendra le 20 juillet 2009. Il prévoit notamment une procédure accélérée, donnant aux agents HADOPI le pouvoir de constater les infractions et d'auditionner eux-même les personnes concernées. A cela s'ajoute une hausse et une uniformisation des sanctions (1 an sans connexion, et jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende si vous essayez de vous réabonnez...) A en croire Maître Antoine Cheron, spécialiste de la propriété intellectuelle, ce texte subira la même censure, pour les mêmes raisons...

QUELLES SOLUTIONS ALTERNATIVES ?
Alors bien sûr, il y a également tout un monde qui souffre de cette chute des ventes du disques et des baisses de recettes du cinéma (ce qui reste encore à prouver, mais pas de place pour ce débat tout de suite). Je pense bien sûr aux auteurs, qui se retrouvent opposés aux internautes, alors que, comme le souligne Pierre Douillard du Conseil Permanent des Écrivains, ce sont les même personnes. Et c'est encore du côté du terrain qu'il faut se tourner pour voir émerger de nouvelles façon d'appréhender la « consommation de culture », sans parler de ces pauvres plateformes de téléchargement légales...

Économie solidaire : Je pense notamment à Mr Mô, membre fondateur de cd1d, une fédération de labels indépendants visant à mutualiser les moyens des artistes pour s'adapter aux mutations du marché. Ici, on revoit l'économie du disque imposée depuis des lustres pour mettre en place une relation équitable entre producteur et auditeur. Bye bye la culture business, et salut l'économie solidaire et participative, cd1d ne réalise pas de bénéfices, et reverse 85% de ses ventes. Belle initiative non ?

Licences libres : Les artistes ont eux-aussi assimilés ces nouvelles technologies, et nombreuses sont les licences libres aujourd'hui. Je ne suis pas spécialiste, mais cela consiste à protéger l'œuvre en en cédant ses droits et en la mettant gratuitement à disposition de tous. Tout est permis, copie, diffusion, et même la transformation, mais personne ne doit s'approprier l'œuvre, c'est la raison sinequanone. On responsabilise ici les artistes et les les publics, en mettant la création artistique au centre du débat et ne prônant une utilisation raisonnée. Ces licences sont nombreuses, je vous proposerais un lien pour en savoir plus.

La Licence Globale : Proposée en parallèle du projet DADVSI, le principe était simple. Il s'agissait de faire payer une option forfaitaire aux internautes auprès de leurs fournisseurs d'accès internet, somme qui serait ensuite reversé aux artistes, proportionnellement à la fréquence de téléchargement de leurs œuvres. Une sorte de redevance Internet finalement... Ce projet a été rejeté en 2006 face à la pression des lobbies puis de nouveau en avril 2009.

POUR CONCLURE :
On voit qu'émerge des envies de solutions en parallèle du travail des pouvoirs publics sur cette question. Et heureusement, car la loi HADOPI ne semble pas être la solution adaptée. Olivier Vittu admet qu'elle donne – et le débat qui l'entoure - une très mauvaise image du droit d'auteur, et que cela n'a aucun impact sur le téléchargement. La France reste parmi les leader dans le téléchargement illégal. Pourtant, comme le dit Pierre Douillard, le développement du numérique et de l'informatique est très prolifique pour l'économie de la culture. Les auteurs sont exclus du débat, qui le monopole des grands groupes commerciaux. Ces mêmes groupes qui n'ont pas voulu voir cette montée en puissance, qui ont délaissé l'offre de téléchargement légal et qui aujourd'hui mettent la pression pour sauver leurs meubles. Que ce soit la radio dans les années 20, la cassette dans les années 70 ou les graveurs de cd dans les années 90, les modes de consommation ont toujours évolués, et ils ont toujours su trouver une riposte, souvent bien aidé par les pouvoirs publics. Aujourd'hui, la partie leur échappe, et après des années passées à vendre 20 euros des cds, les temps sont durs, le problème c'est juste que c'est pas les salaires des cadres d'Universal qui chutent, mais les royalties des artistes, et ça c'est moche...

Quelques vidéos pour vous, n'y voyais pas une prise de position s'il n'y a pas de témoignages vraiment positifs, mais dur d'en trouver sur le net... Merci aussi à Bakchich pour leur coopération amicale, allez jeter un œil sur leur travail au passage ! Ici




mardi, juin 16, 2009

WE LOVE THAT : Galaktyk Kowboy

Je ne peux résister à vous transmettre le lien vers un bel article consacré à Galaktyk Kowboy, parceque ça fait plaisir, d'une part, et parcequ'on aime ça, d'autre part ! N'hésitez pas à jeter un oeil, et une oreille sur leur myspace ! De même qu'un tour sur le myspace du photographe Nicolas Auproux ne vous fera pas de mal !

Quel talent l'Auvergne !

Article sur Arverne Tribune
Galaktyk Kowboy
Nicolas Auproux

BILAN TIME : Auvergnat Cola

Une semaine est passée depuis la soirée Auvergnat Cola, il est temps de faire un petit bilan !

L'objectif de l'événement était donc la présentation de la version Zéro de notre Cola maison ! L'organisation était bien huilée grâce au travail de tout le monde. et les invités ont été reçu de belle manière. Pour revenir sur l'aspect culturel du truc, pas de regret sur les choix effectués, l'idée était de faire quelquechose hors des clichés de ce type de manifestation, avec un petit côté local pour rappeler le succès d'une belle entreprise cantalienne.

La session RP a été lancé par Sandy Volt avec un mix énergique qui donnait le ton de ce que serait la soirée. Clara O a donné une belle démonstration de son talent, accompagnée de Jeff Chalaffre et de Christophe Dumouchel.

Le ton est monté quand les deux Galaktyk Kowboys sont passés derrière leurs machines ! Du son, de l'image, du trash, du lourd, franchement ! Grosse pression mise sur les chanceux ayant récupéré des invits (+ de 600 quand même !), mais ça bougeait sévère devant les deux clermontois en tout cas. Surtout qu'un changement de plateau plus tard TKNIK débarquait sur le devant du Club pour balancer ses cartouches sonores, histoire de montrer que la scène electro régional avait de très beaux jours devant elle ! Je vais pas vous faire une critique musicale du line up, alors je conclue en tirant un coup de chapeau à Pilooski qui était arrivé de Paris au cours de la soirée et qui a clôturé le tout. Vraiment énorme le bonhomme, le set vraiment classe qui fait vibrer, et on aime ça !

Bon en tout cas, la soirée était une réussite pour l'Auvergnat Cola Zéro, et le Labo s'est vraiment éclaté à amener sa pierre à l'édifice. Un grand merci à tout le monde donc !




vendredi, juin 05, 2009

WORK IN PROGRESS : Soirée Auvergnat Cola - Sans Sucre

Votre labo préféré a eu la belle opportunité d'organiser la programmation artistique de la soirée de lancement de l'Auvergnat Cola Sans Sucre et par la même occasion les 10 ans de Périscope !

Voilà le menu bande d'impatients !

Alors va t'inscrire, c'est cadeau !
ICI

POUR TES PETITES OREILLES, SI T'AS PAS CONFIANCE !!
SANDY VOLT CLARA O GALAKTYK KOWBOY

TKNIK PILOOSKI

ET POUR TES PETITS YEUX BIEN SÛR !!

mercredi, juin 03, 2009

DOSSIER : LE CLIP VIDEO

Je suis allé faire un tour du côté du Cabaret d'Europavox pour une après-midi organisée par Le Transfo, et consacrée au lien entre Musique et Image (et pas entre Emile et Image...). Petit compte-rendu de la deuxième partie consacré au clip vidéo.Justifier
HISTORIQUE :
On débute bien entendu par la polémique cherchant à donner une date de naissance au clip. On parle de Bohemian Rapsody de Queen en 1975, mais ce n'est que le premier clip tourné au « format » vidéo. Ce n'est donc pas le premier clip, et certains spécialistes font remonter la relation entre la musique et le visuel dès les années 20... En tout cas l'avènement mythique du clip est lié à la création de MTV en 1981, véritable catalyseur et accélérateur du genre. De là débutent les 20 Glorieuses du clip vidéo, merci Michael pour Thriller (14 min quand même ! Et en 35mm!) qui fait passer le clip dans la cour des grands, on ne superpose plus simplement des images sur de la musique pré-enregistrée. Enfin merci, c'est relatif... Sans ça, on aurait peut-être pu éviter d'être traumatisé à vie par Mylène Farmer... Mais en tout cas c'est l'arrivée du clip industriel, puis l'avènement du statut d'auteur de clip tout au long de ces années. Bref en 2005 de toute façon, tout bascule avec l'arrivée du streaming vidéo et la démocratisation des moyens techniques. Et aujourd'hui en 2009, il est plus facile de se faire connaître en diffusant un clip sur Dailymotion qu'en envoyant 400 maquettes au quatre coins du globe. Le nombre de clip explose, la visibilité s'accroit et les ventes de disque chutent, chutent, chutent, chuuuut....

PROMO OU ART ?
Selon Marc Thonon du label Atmosphérique, on peut faire un gros coup avec un super clip sans que cela fasse avancer la musique. Le clip sert surtout l'image de l'artiste. Du coup, comme le souligne le réal Lorenzo Recio, c'est un travail de commande, et parfois les réal n'ont aucun contact avec l'artiste, mais seulement avec les personnes qui gèrent son image.
On parle d'économie du clip bien entendu, mais ce sont parfois les affinités artistiques qui vont pousser un réalisateur et un artiste à travailler en collaboration. L'exemple du collectif Kourtrajmé est parlant, c'est un regroupement d'artistes de tout bord, et de différentes spécialités, là les choses se font au feeling. L'artistique prime sur l'aspect promo, même si les gros coups médiatique réalisés par Koutrajmé sont de puissants outils médiatiques ! (cf. entre autres « Stress » de Justice)

CÔTE JURIDIQUE
Je résume rapido les grandes lignes bien exposées par Sarah Julliard (et parler législation devant un parterre de cultureux, c'est pas simple... « Quoi ? Droits moraux ! Vous êtes d'un vulgaire ! Ah bon... C'est pas une insulte ? »)
Le clip est une production audiovisuel qui incorpore un objet à part entière, le disque. Les deux supports ne sont pas régie par les même droits. C'est une œuvre composite, contenant une œuvre première (le morceau) soumis aux droits moraux et à l'incessibilité, et une œuvre finale (le clip) régit par les droits patrimoniaux. Après pour plus de détails j'ai pas la place...

QUELQUES CHIFFRES :
Une diffusion sur M6 rapporte 300 euros
Une diffusion sur MTV environ 10 euros
Et sur le net... C'est tellement insignifiant que je dis rien.

POUR CONCLURE :
Le clip est donc dans une zone flou, situé entre marketing et art visuel. Est-il un produit ? Est-il une création artistique ? Moi je dirais bien que c'est les deux mais bon apparemment c'est pas si simple... « C'est un art hybride, qui prend la grammaire du cinéma pour mettre en valeur de la musique. » Ben oui c'est un objet promotionnel ! Ben oui il est commandé par le label, et alors ? Il y a quand même un réal derrière tout ça, un créatif, que dis-je... un artiste ! Non ?

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Clip

UNE PETITE SÉLECTION POUR VOUS :

mardi, juin 02, 2009

WE WERE THERE : Europavox - DJ Zébra live (Jeudi 28 Mai - La Coopérative de Mai)

Je me faisais toute une joie d'aller voir Zébra, le roi de la bootleg en ce beau jeudi ensoleillé de Mai... DJ Zébra ? Vous savez le gars qui superposent des morceaux qui n'ont rien à voir pour en faire une création originale !! Genre "Joey Starr Wars", qui mix "La Marche impériale" chère à Dark Vador et une version live de "J'arrive" de Joey Starr... Ou encore Daft Punk et Louise Attaque, Katerine et Boney M... Bref, c'est du lourd, on dirait même que c'est facile... No way...


Donc je me prépare à une soirée dancefloor tripée. Très bonne coordination, j'arrive pile poil après Sliimy !! Mais quel ne fût pas ma surprise en débarquant... Mon Zébra avait troqué ses platines pour une guitare éléctrique et un micro ! Accompagné de Tom Hogg (chanteur anglais, ex-Hoggboy et maintenant avec The Hosts) et de deux cuivres, Dj Zébra balance les beats puis se tue à la gratt... Bizarre non ?

Explication : "Ce soir c'est notre zic, y'a pas de Katerine ou de Louise Attaque, c'est notre son, et c'est cool de le faire à Clermont-Ferrand !"

Ok Zébra, le son était bon, et t'as assuré de nous faire un gros dj set quand même avant de partir... Europavox était lancé, le parvis de La Coopé et la place du 1er mai étaient en effervescence, pour dire, j'me serais presque cru aux Eurockéennes ! En tout cas j'y étais et j'vous invite à découvrir le travail de Zébra, ça sort de l'ordinaire et ça rapproche les cultures ! Geek fan de Jabba le Hut et fan de NTM ? Why not !

Yo

EN MISSION POUR : La Cour des Trois Coquins !

Suite au travail réalisé pour la mise en valeur de La Cour des Trois Coquins, la ville de Clermont-Ferrand a missionné Le Laboratoire Culturel sur un projet de développement de réseau "spectacles vivants".

Les compagnies en présence et la ville de Clermont-Ferrand souhaitent valoriser l'effervescence crée par ce lieu en la partageant avec des compagnies de tous horizons.

Nous travaillons donc actuellement sur des notions d'accueils et d'échanges entre différents acteurs culturels portés par le même besoin de diffusion. Notre rôle est d'initier de nouvelles relations, et ce à différentes échelles, afin de faciliter la mise oeuvre de résidences ou d'échanges, permettant à chacun d'élargir son horizon.

Pour plus d'infos concernant ce projet : contact@laboculturel.com