mercredi, juin 03, 2009

DOSSIER : LE CLIP VIDEO

Je suis allé faire un tour du côté du Cabaret d'Europavox pour une après-midi organisée par Le Transfo, et consacrée au lien entre Musique et Image (et pas entre Emile et Image...). Petit compte-rendu de la deuxième partie consacré au clip vidéo.Justifier
HISTORIQUE :
On débute bien entendu par la polémique cherchant à donner une date de naissance au clip. On parle de Bohemian Rapsody de Queen en 1975, mais ce n'est que le premier clip tourné au « format » vidéo. Ce n'est donc pas le premier clip, et certains spécialistes font remonter la relation entre la musique et le visuel dès les années 20... En tout cas l'avènement mythique du clip est lié à la création de MTV en 1981, véritable catalyseur et accélérateur du genre. De là débutent les 20 Glorieuses du clip vidéo, merci Michael pour Thriller (14 min quand même ! Et en 35mm!) qui fait passer le clip dans la cour des grands, on ne superpose plus simplement des images sur de la musique pré-enregistrée. Enfin merci, c'est relatif... Sans ça, on aurait peut-être pu éviter d'être traumatisé à vie par Mylène Farmer... Mais en tout cas c'est l'arrivée du clip industriel, puis l'avènement du statut d'auteur de clip tout au long de ces années. Bref en 2005 de toute façon, tout bascule avec l'arrivée du streaming vidéo et la démocratisation des moyens techniques. Et aujourd'hui en 2009, il est plus facile de se faire connaître en diffusant un clip sur Dailymotion qu'en envoyant 400 maquettes au quatre coins du globe. Le nombre de clip explose, la visibilité s'accroit et les ventes de disque chutent, chutent, chutent, chuuuut....

PROMO OU ART ?
Selon Marc Thonon du label Atmosphérique, on peut faire un gros coup avec un super clip sans que cela fasse avancer la musique. Le clip sert surtout l'image de l'artiste. Du coup, comme le souligne le réal Lorenzo Recio, c'est un travail de commande, et parfois les réal n'ont aucun contact avec l'artiste, mais seulement avec les personnes qui gèrent son image.
On parle d'économie du clip bien entendu, mais ce sont parfois les affinités artistiques qui vont pousser un réalisateur et un artiste à travailler en collaboration. L'exemple du collectif Kourtrajmé est parlant, c'est un regroupement d'artistes de tout bord, et de différentes spécialités, là les choses se font au feeling. L'artistique prime sur l'aspect promo, même si les gros coups médiatique réalisés par Koutrajmé sont de puissants outils médiatiques ! (cf. entre autres « Stress » de Justice)

CÔTE JURIDIQUE
Je résume rapido les grandes lignes bien exposées par Sarah Julliard (et parler législation devant un parterre de cultureux, c'est pas simple... « Quoi ? Droits moraux ! Vous êtes d'un vulgaire ! Ah bon... C'est pas une insulte ? »)
Le clip est une production audiovisuel qui incorpore un objet à part entière, le disque. Les deux supports ne sont pas régie par les même droits. C'est une œuvre composite, contenant une œuvre première (le morceau) soumis aux droits moraux et à l'incessibilité, et une œuvre finale (le clip) régit par les droits patrimoniaux. Après pour plus de détails j'ai pas la place...

QUELQUES CHIFFRES :
Une diffusion sur M6 rapporte 300 euros
Une diffusion sur MTV environ 10 euros
Et sur le net... C'est tellement insignifiant que je dis rien.

POUR CONCLURE :
Le clip est donc dans une zone flou, situé entre marketing et art visuel. Est-il un produit ? Est-il une création artistique ? Moi je dirais bien que c'est les deux mais bon apparemment c'est pas si simple... « C'est un art hybride, qui prend la grammaire du cinéma pour mettre en valeur de la musique. » Ben oui c'est un objet promotionnel ! Ben oui il est commandé par le label, et alors ? Il y a quand même un réal derrière tout ça, un créatif, que dis-je... un artiste ! Non ?

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Clip

UNE PETITE SÉLECTION POUR VOUS :

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