mercredi, juillet 22, 2009

DOSSIER : Le Stop Motion

Depuis quelques temps on voit fleurir sur les plateformes streaming de nombreuses petites vidéos toutes bizarres et toutes saccadées, certaines font même un sacré buzz. Alors ? Nouvelle mode ? Révolution technique ? Non, le concept existe depuis bien longtemps, on parle de 1908 avec Les allumettes animées d'Emile Courtet (alias Emile Cohl), c'est vous dire comme on a rien inventé... Petite présentation du buzz du moment.

QUEL EST LE CONCEPT ?
Le Stop Motion (ou animation en volume) est une technique d'animation, proche du dessin animé, qui permet de créer du mouvement à partir d'images fixes. C'est simple (à expliquer), vous prenez pleins de photos d'un objet, vous le déplacez un peu entre chaque clichés, et une fois les photos mises à la suite à vitesse normale, votre objet se déplace, c'est magique ! Souvent mêlé au Go Motion pour atténuer les effets saccadés et fluidifier les mouvements, le Stop Motion continue d'évoluer aujourd'hui en se mêlant aux techniques de 3D.

PETITE HISTOIRE
Je reviens très rapidement sur le développement de cette technique, pour vous dire que depuis le début du 20ème siècle, elle s'est développée au grè des évolutions technologiques. En 1933, l'américain Willis O'Brien, pionnier des effets spéciaux, l'utilise pour ceux de King Kong, et cela fait grand bruit. Mais c'est pourtant en France que cette technique d'animation images par images est née, et on cite notamment Emile Reynaud et Emile Courtet, qui importera le concept de l'autre côté de l'Atlantique. Les années passent, et la durée des productions s'allonge. L'école tchèque, portée par Trnka et Svankmajer, va poser les bases du concept qui ne va cesser d'évoluer jusqu'à l'avénement des longs métrages réalisés entièrement en Stop Motion. Pour les plus récents, on cite bien entendu Henry Selick, le génial réalisateur de L'Etrange Noel de Monsieur Jack ou encore tout récement du magnifique Coraline. Bon, j'oublie pas de citer Tim Burton et Les Noces Funèbres, mais je risque de m'étendre sur le sujet...

C'EST QUOI CE BUZZ ?
C'est clair que cette technique est old school, et a été largement délaissé pour la 3D, l'infographie et toutes ces nouvelles façons de produire par ordinateur, alors pourquoi ? Tout simplement parceque le grand public s'est approprié la technique, et grâce à la démocratisation des moyens technologiques (numérique, logiciel de montage...), ben avec un peu de temps, une bonne idée et un minimum de talent (quoi que...) rien ne vous empêche de vous taper votre délire en Stop Motion. Vous pouvez d'ailleurs vous procurer le logiciel libre Stopmotion sur le site officiel, et vous essayer au montage, n'hésitez pas à envoyer vos prod, on pourra en faire une petite diffusion ! De nombreux artistes pluri-disciplinaires trouve dans cette technique un moyen génial de mêler les techniques artistiques, je vous invite d'ailleurs à jeter un œil au sublime travail de l'argentin Carlos Lascano.

POUR CONCLURE
Ce qui est bon là dedans, c'est quand une vidéo sortie de nul part, et faite avec les moyens du bords (des post-it ?), te scotche à ton siège et que tu te dis : " Ce gars est un grand malade..." Il existe plein de productions différentes, à des niveaux de qualités variables, mêlant le dessin, le graph, le son... Bref, tout est permis, tout est "stopmotionable", je vous propose une petite sélection perso, à vous ensuite de creuser et de trouver votre pépite !

Productions de Metzer :


Coups de coeur :

Un peu de pédagogie :



mardi, juillet 21, 2009

FLASH : L'été sera cheesy !!

L'été dernier était placé sous le sceau d'un retour aux valeurs de la communauté, du feu de camp sur la plage et des drogues psychédéliques, avec MGMT en fer de lance de ce revival hippie. Cet été, la grosse tendance est un retour au pire des 90's. Calvin Harris, Où est le swimming pool ou encore Simian mobile disco osent piocher allègrement dans l'eurodance, année modèle 1994. La preuve...





vendredi, juillet 17, 2009

INFO : Orelsan, retour (rapide) sur une polémique stérile...

Après NTM, Sniper ou Monsieur R, c'est maintenant au tour d'Orelsan de subir les foudres de la censure. Le Hip Hop français, qui ne brille certes pas toujours par l'intelligence de ses MC (jugez plutôt...) traine toujours sa sale réputation de mauvais citoyen... On reprochait à NTM de vouloir faire l'amour avec les policiers, à Monsieur R de vouloir faire l'amour avec la France et aujourd'hui, c'est encore une histoire d'amour qu'on reproche à Orelsan...

Les faits : Un titre, sale pute. Evidemment, ça commence mal... Dans ce track, le rappeur white trash caennais, s'en prend violemment à son ex-petite amie... Elle lui a brisé le cœur, il est un peu amer, donc il ne s'en remet pas... Cette chanson remonte déjà à plusieurs années, à une époque où Orelsan se cherchait encore, à une époque où il cherchait peut être un peu trop à créer un buzz malsain sur le net... Un ego trip morbide qui faisait dans la surenchère un peu basse du plafond...

Mais aujourd'hui, Orelsan a grandi et son style s'est étoffé au point d'en faire l'une des plumes les plus acérées pour décrire la réalité pas toujours très reluisante de la jeunesse en province. Un style percutant, froid, dépressif qui ne passe pas son temps à représenter qui que ce soit, si ce n'est son auteur. Car il s'agit bien d'un auteur, avec un style nettement supérieur aux faux dandys de la nouvelle scène française.

Étoiles invisibles, Changement, soirée ratée, Perdu d'avance, peur de l'échec... tous ces titres sont extraits du premier album d'Orelsan, un disque sombre, désenchanté qui raconte les soirées de merde dans les boites pourries, où des gosses en survet tisent du whisky coca sans bulles, qui raconte aussi le porno en solo sur le net, les disques durs remplis de mp3 jamais écoutés, et encore et toujours les désillusions amoureuses...

On peut être aigri par tout le buzz suscité par cette vaine polémique, avec son cortège de chevaliers blancs (Technikart, Voxpop, Cali, Olivia Ruiz, Jack Lang, Fred Mittérand...) volant au secours de la liberté d'expression, mais ce serait passer à côté d'un type qui vaut (beaucoup) mieux que tout ça.



ORELSAN - Soirée Ratée
envoyé par 3emebureau. - Regardez la dernière sélection musicale.



ORELSAN - DIFFÉRENT
envoyé par 3emebureau. - Regardez la dernière sélection musicale.



Orelsan - Changement
envoyé par 3emebureau. - Clip, interview et concert.

jeudi, juillet 16, 2009

WE WERE THERE : Ramdam à Randan

Quelle surprise quand j'ai vu il y a quelques temps qu'il allait se passer quelque chose à Randan ! Un ramdam ? What ? J'avoue, je connais bien le coin et j'ai allégrement trainé mes Reebok Ilie Nastase (pour vous situer l'époque) dans LA rue de Randan. Alors bien sûr j'suis allé voir ce qui se passait en ce jour de teuf nationale !

L'idée était de donner l'occasion à tous de redécouvrir le Domaine Royal de Randan après deux ans de fermeture pour cause de rénovation.
Pour cela, le Conseil Régional d'Auvergne a eu la bonne idée de mettre à contribution les nombreux talents artistiques éparpillés sur son territoire. J'avoue n'avoir que très rarement vu une telle concentration d'artiste, de toutes disciplines et de tous horizons... Enfin à Randan, ou en Auvergne... Chapeau pour la coordination, une quarantaine de structures ont pu ainsi présenté leurs performances aux quatre coins du domaine. Le concept était vraiment génial, imaginez-vous sous un arbre, assis sur un rondin de bois fraichement coupé, à écouter Mariecke de Bussac mettre en vie cette lettre de Georges Sand à François Buloz, bercé et rythmé par la contrebasse de Marcel Mut... Plus loin, caché entre deux bosquets, au bord du chemin, un drôle de jongleur triture son corps, s'imagine en cascadeur et joue avec son bandéoniste pour envouter le public qui, curieux, s'arrête et apprécie la prestation, c'est le Cirque Bang Bang, qui nous prouve encore que les différents arts vivants co-habitent à merveille ! Ou encore, un peu plus loin, près de la butte, où l'Agence des Musiques Traditionelles d'Auvergne répond par vielles et cornemuses aux rythmes mapouka des djembés ivoiriens de Nigui Saff ! Quel tableau ! Bon bien sûr, pas même temps, mais preuve que la culture est un langage universelle, tout ce petit monde a attiré un vrai melting pot de visiteurs, ou quand talons cotoient chassures de rando, what else...

Bref, je ne vais pas vous faire un résumé de tout ce que j'ai vu, d'ailleurs je suis parti avant l'apéritif (oui, c'est vrai !) Mais l'ambiance promenade en forêt, expo du FRAC accroché dans les chênes, déclamations en tous genres ou autres chorégraphies à même la verte mousse encore humide de la veille... Ouah... Nature, culture !

Le programme ici

Puis un petit kif par là, ben ouai ça se voit que vous avez pas passé vos vacances à Jussat !

mercredi, juillet 08, 2009

WE LOVE THAT : Arte live web

Je ne sais pas si vous avez suivi cela, mais au mois de Mai, Arte a lancé une nouvelle plateforme web : Arteliveweb. Alors ? Est-ce que ça vous dis quelques choses ? Non ? Bon, alors je vais me faire un plaisir de vous en parler un peu, parce qu'au Labo, ben on aime ça.

L'IDEE
:

Tout part d'un constat : Le spectacle, en lui même, (le show, la « prestation scénique » !) n'est pas très présent sur le web. Bizarre... Et je vous parle de choses autorisées les amis, pas des concerts de Lorie en streaming sauvage ou des black session de Garou en mode téléphone portable sur Dailymotion... Je vous parle de choses sérieuses, de vrais spectacles, avec l'accord des ayant-droits et tout et tout. Donc, à part quelques belles initiatives (notamment La Blogothèque et ses concerts à emporter) c'est un peu le désert niveau spectacle vivant sur la toile, alors l'idée va être de proposer une offre de spectacle à mater en ligne, gratuite, légale, sans pub, diversifiée et de qua-li-té ! C'est dit !

LE PRINCIPE :
Le site arteliveweb.com a pour objectif de capter des créations récentes dans toutes les branches du spectacles vivants, et de les proposer, en live ou en différé, aux internautes par le biais d'une interface simple, intuitive et éditorialisée. Les vidéos captées sont disponibles durant des périodes oscillant entre un et trois mois selon les droits, et tout ça à portée de clic, de chez vous !

COMMENT ?
Arte, la chaîne culture, connait quand même du monde dans le milieu, alors de nombreux partenariats ont été mis en place pour l'occasion. Tageblatt, le journal allemand, parle entre autres de La Cité de la Musique, des Trois Baudets ou encore de l'orchestre philharmonique de Radio France (voyez l'éclectisme quand même) et j'en passe, bien entendu. La plateforme propose notamment des co-productions d'Arte, des captations fournies par les partenaires, mais aussi des contenus exclusifs, tournés spécialement pour le site.

LE TRUC EN PLUS !
Vous allez me dire : Où est la nouveauté ? Qu'est-ce qui offre à ce site le privilège d'un article sur le « blog en vogue » du moment ? Amis artistes, spéciale dédicace, arteliveweb.com c'est aussi pour vous, pour que vous puissiez montrer votre talent au monde entier, et c'est pas rien ! Pour reprendre la définition officielle, Arteliveweb est « un nouveau réseau social dédié à la création ». Compagnies, organisateurs de festivals, labels, artistes en solo, tout le monde peut prétendre à créer sa page perso sur la plateforme, la qualité et le sérieux sont garanties par le cahier des charges établi pour l'occasion. Une fois en place, votre espace est modulable, aménageable à souhait, de façon à représenter au mieux votre talent ou votre originalité.

POUR CONCLURE :
On est vraiment intéressé par ces problématiques de diffusion dans le spectacle vivant, on avait d'ailleurs déjà mêlé le théâtre et la vidéo pour une mission de mise en valeur de La Cour des Trois Coquins, fût un temps... Persuadé que, même si elle n'est pas l'avenir du spectacle vivant - car rien ne vaut une bonne salle, ou une bonne fosse pour sentir le truc, on est d'accord - la vidéo est quand même un support super maniable, hyper diffusable et surtout très accessible aujourd'hui, trop utile pour s'en passer. L'arrivée d'une plateforme comme celle d'Arteliveweb nous donne l'occasion de rappeler et de féliciter les initiatives déjà en place, alors suivez le guide.

LA BLOGOTHEQUE

Et pour la petite touche locale, le coup de cœur maison :
THE SEX ROOM SESSIONS
Tous les dimanche en live de la room, du son !



ARTELIVEWEB
1- La nuit transfigurée et les variations pour orchestre de Shoenberg à la salle Pleyel, avec l'ancien premier violon de l'orchestre d'Auvergne en violon solo - Svetlin Roussev - cliquez ici
2- Concert de Get Well Soon au festival Art Rock de Saint-Brieuc - cliquez ici